Haute route Impériale

5 jours en montagne pour se balader au pied de la Couronne impériale, faire quelques sommets et profiter d’atteindre un premier 4’000.

5 jours entre Turtmann et Zermatt

Le Bishorn en arrière plan avec le Turtmanngletscher à droite
Le Bishorn en arrière plan, avec le Turtmanngletscher sur la droite de la photo

Ce lundi 13 avril, nous avons entamé notre haute route en direction de la cabane de Turtmann. Les installations de St-Luc ayant fermé la veille, nous avons décidé de partir du village d’Oberems, que nous avons atteint par un petit téléphérique au départ de Turtmann.

Le départ s’est effectué à pied, skis sur le dos, pendant un peu plus d’une heure, le temps de trouver une neige suffisamment abondante pour chausser les skis. Nous avons ensuite remonté tranquillement le long du vallon du Turtmanntal. Le vallon est peut raide, mais ponctué de plusieurs petits hameaux. Presque au fond du vallon, nous avons traversé le barrage du Turtmansee avant de monter plus efficacement jusqu’à la Turtmannhütte.

Nous sommes arrivés en milieu d’après-midi, ravis d’avoir terminé ces longues heures de montée. La sieste ne s’est pas fait attendre après ce réveil très matinal.

Passage technique sur la route du vallon
montée à la Turmann le 13.04.26
Dernière montée avans la cabane

Après une bonne nuit de sommeil le réveil sonne juste avant 7 heures. La météo nous promet un temps clair et frais, une aubaine après la pluie, la neige et le brouillard de la veille, ce qui nous a permis de bien dormir.

Nous quittons la cabane après un bon déjeuner, pleins d’énergie. La trace est déjà faite ; un groupe matinal, parti une heure avant nous, a déjà gagné le Brunegghorn pour dormir ce soir à Tracuit, tandis que nous retournerons à la cabane de Turtmann.

Trente minutes après le départ, nous atteignons le pied d’un couloir bien raide. Il faut mettre les skis sur le sac pour 20 minutes de portage. La suite est plus agréable : nous remettons les skis et remontons le glacier sur plus de 1 000 mètres avant de laisser le matériel au dépôt. Chaussons les crampons et sortons la corde, nous gagnons la croix du sommet. Après une courte pause pour admirer la vue et reprendre notre souffle, nous redescendons chercher nos skis.

La descente commence sur une neige travaillée par le vent, très dure et peu plaisante. Heureusement, la situation ne dure pas. À l’abri du vent, nous retrouvons les 10 cm de neige fraîche tombés la veille, permettant de profiter d’une descente excellente jusqu’à la cabane.

Pour ne pas rompre la routine, une bonne sieste s’impose avant le souper.

Le brouillard est partit et les sommets sont dégagé après cette première nuit à la Turtmanhütte.

Ce troisième jour marque la journée clé de la semaine : objectif le Bishorn et 1 800 mètres de dénivelé, rien de moins. Pour mettre toutes les chances de notre côté et atteindre ce 4 000, le départ est prévu dès 6 heures.

Nous avons d’abord pour but de rejoindre la cabane de Tracuit. Après quatre heures de marche, ponctuées d’une petite descente à ski sur une neige encore dure, nous y parvenons. Là-bas, nous profitons d’une pause pour boire un Coca et reprendre des forces en vue de la seconde partie de la journée. Nous laissons également à la cabane tout le matériel superflu pour le sommet, afin d’alléger notre sac au maximum.

Repartis avec les skis aux pieds, nous entamons l’ascension du Bishorn. Nous sommes les seuls à gravir ce sommet en ce début d’après-midi ; les autres sont partis très tôt, soit pour redescendre en plaine, soit pour traverser vers la cabane d’Arpitettaz. Ainsi, nous montons seuls, ne croisant que quelques retardataires en train de redescendre. La première moitié de la montée s’effectue assez rapidement. Cependant, la fatigue de la journée commence à se faire sentir et nous nous offrons une pause avant de repartir à l’assaut. Le rythme ralentit légèrement à l’approche des 4 000 mètres, et nous sommes bien heureux d’arriver au dépôt des skis.

Finalement, le sommet est à nos pieds. Bravo !

La descente se fait ensuite tranquillement sur de la bonne neige à skier, une rareté sur ce sommet.

les Lassauce au sommet du bishorn.
Charles et Ulysse au sommet du Bishorn avec le Weisshorn à leur gaude et la dent blanche à droite.

Après une nuit bien méritée, le quatrième jour s’annonce : nous devons traverser jusqu’à la cabane du Grand Mountet, en passant par la cabane d’Arpitettaz et l’arête du Blanc.

Le départ est difficile ce matin. L’efficacité est compromise par le réveil simultané de toute la cabane, chacun s’activant pour le déjeuner et se préparer. Nous commençons par descendre sous la cabane de Tracuit avant de monter vers le col de Milon. Ce col sera franchi par une courte descente avec rappel, avant de descendre vers la cabane d’Arpitettaz et d’atteindre le pied du glacier de Moming. Nous remontons ensuite ce glacier, longeant de magnifiques séracs, jusqu’à l’arête du Blanc.

C’est ici que débute le passage le plus technique de notre haute route. Nous chargeons les skis sur le sac, enfilons les crampons et nous encordons. C’est parti pour une heure d’arête exigeante. La première partie est passablement rocheuse ; la désescalade avec un gros sac n’est pas des plus simples. Elle laisse place à une superbe section en neige, puis à un terrain mixte rocher-neige, avant d’atteindre la partie finale, plus large et entièrement enneigée.

Nous chaussons les skis, prêts à descendre vers la cabane. Nous retrouvons enfin de bonnes conditions de ski sur tout le glacier du Mountet. Nous devons ensuite faire attention aux pentes ayant pris le soleil et privilégier les orientations Ouest pour profiter d’une belle neige de printemps.

Nous arrivons enfin à la cabane du Grand Mountet, épuisés mais comblés par cette belle journée ensoleillée.

Charles et Ulysse sur l'arête du blanc
La super équipe sur l'arête deu Blanc
fin de l'arête du blanc
Petite pause avant de descendre à la cabane Mountet

Pour ce dernier jour, nous décidons de nous lever à 6 h afin de profiter des heures fraîches et sans soleil du début de matinée.

Une fois le déjeuner terminé, nous quittons la cabane par une descente en neige bien dure, qui nous secoue bien. Arrivés sur le glacier Durand, nous le remontons afin d’atteindre le col Durand, au moment où les premiers rayons de soleil apparaissent. La montée, dans la fraîcheur, était bien agréable après avoir transpiré toute la journée précédente.

Nous profitons d’une bonne pause pour prendre quelques photos, car face à nous se dresse le Cervin avec sa raide face nord. Puis nous attaquons la descente en direction de Zermatt. Embas la neige se fait rare, nous décidons donc de remonter un peu pour rejoindre les pistes de ski de la station et skier jusqu’à Zermatt. Au passage, nous en profitons pour trouver une terrasse et manger des Rösti.

Et nous voici à Zermatt : la Haute Route est terminée. Nous sommes tous bien fatigués, mais avec un grand sourire et pleins de beaux souvenirs.

Merci beaucoup à Charles et Ulysse pour ses 5 superbes journées !!!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *